Pourquoi pratiquer le Võ Viêt Nam ?

Cette question vous sera posée et vous vous la poserez tant que vous pratiquerez. Plus longtemps vous pratiquerez, plus de réponses se succéderont.

Débuter...

Le débutant un peu fier ne le dit pas mais pense en lui-même je deviendrais bien Bruce Lee !

 

Le modeste dira qu’il veut apprendre à se défendre. Les débuts sont décevants car il est difficile de s’y retrouver dans les changements de directions, de retenir la succession des mouvements. Par contre tout le corps bouge, la découverte est partagée avec de nouveaux amis, c’est la joie de toute pratique sportive. Ce sont les bienfaits pour la santé de toute activité physique régulière.

Devenir un "Vo Sinh"

Ensuite pris au jeu, la joie vient avec un nouveau thão appris, avec un mouvement bien réussi et placé dans un ‘’combat’’. Mais il y a des bas aussi, le sentiment de ne pas progresser, l’impression de toujours faire la même chose. Cette alternance de haut et de bas arrive à tout le monde, il ne faut pas s’y arrêter car l’important demeure longtemps invisible :

  • Le premier grand acquis est l’accroissement de la concentration – quand vous vous entraînez sérieusement, régulièrement vous le faite en ayant de moins en moins d’idées qui vous trottent dans la tête, c’est une méditation, vous êtes entièrement à ce que vous faîtes – suspendre ainsi les pensées parasites est un des meilleurs relaxant.
  • Encore plus discret, plus imperceptible, le changement de fonctionnement de votre corps, si votre pratique régulière est prolongée de mois en mois – vous travaillez en position d’attente (lâp tâ’n), en position moyenne (cavalier de fer), en position d’attaque (fente), en position de défense, et même dans la position de défense propre au 5ème Thão. Dans chaque position des chaînes musculaires différentes sont mises en jeu et sollicitent des niveaux différents de la colonne vertébrale, l’exécution des thãos combinent ces bienfaits
  • Pratiquer les thão dans leur ordre croissant renforce cet effet bénéfique, comme exécuter tranquillement, en souplesse le thão que l’on maîtrise le mieux pour finir la séance d’entraînement. En enrichissant ainsi l’arsenal moteur, toutes les fonctions physiologiques sont stimulées et les tensions se rééquilibrent. Sans forcément en prendre conscience, la manière dont bouge le corps évolue -  il suffit, pour s’en convaincre, de se souvenir des difficultés du début à tenir confortablement ces positions qui peuvent au départ être jugées « pas naturelles » !

L’illusion de se croire une guerrière accomplie ou un ‘’costaud’’, si elle peut exister à un moment, va s’estomper et se perdre car une vraie recherche à la fois de technique, de contrôle physique, va changer le point de vue de départ – vous passez d’une motivation de crainte (ne pas savoir répondre) à celle de l’apprentissage d’un art pour lequel l’état d’esprit de l’apprentissage est aussi important que les techniques apprises.

 

D’une certaine manière vous commencerez à regarder le monde d’un autre point de vue. 

Devenir un artiste martial

A la tonification du corps va s’ajouter, plus silencieusement encore, l’évolution du mental.

Pas à pas vous explorez le risque des coups, vous découvrez ce dont vous êtes capables.

Vous apprenez ce que vous acceptez « d’encaisser ».

 

 

Vos craintes devant le conflit possible diminuent, votre confiance se renforce. Le plus grand effet de la progression en technique martiale sera de vous permettre de « garder la tête froide », de rester calme et lucide. Cette force mentale bien souvent épargnera le recours à la technique.                                                                                                                                     

Dans le renforcement de la confiance il ne faut pas oublier d’une part le plaisir procuré par la beauté, l’élégance, la fluidité des mouvements ; d’autre part l’utilité martiale des mouvements, leurs fonctions ramènent à la réalité et évite de « se faire des idées ».

Plus de sagesse peut être ?

Quoique vous pensez ou ne pensez pas, ces transformations s’opèrent – au début de l’apprentissage vous avez déjà appris quelques coups ‘’radicaux’’ et pourtant il est généralement difficile de les utiliser (ne pas oser ces coups, crainte de faire mal, peur de blesser, paralysie à l’idée de se battre, ….).

 

Ce n’est que par l’entraînement que les peurs seront écartées et que lorsqu’il n’y aura pas le temps de réfléchir lucidement votre personne entière fera ce qui est nécessaire.  Et le nécessaire, après quelques années d’entraînement sera le plus souvent de réussir à désamorcer d’éventuelles querelles. Il est souvent raconté que la première leçon d’art martial est le salut – dire bonjour, souriant, aimable, sans ironie est le premier pas pour une relation respectueuse et pacifique !

 

Si vous persévérez durablement dans l’entraînement la question des hauts et des bas se reposera car la diminution des capacités physiques avec l’âge, discrète au début, arrivera immanquablement– ce sera un nouveau champ d’exploration celui de l’économie du geste, de la préservation de l’énergie, celui de la recherche de l’essentiel.

L'essentiel à retenir !

Oubliez tout ce qui précède, pratiquez pour vous faire plaisir, en vous faisant plaisir, ne vous « prenez pas la tête », à cette condition tout est possible.